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Pour tous ceux et celles qui croient en l'Afrique...

Promouvoir les énergies renouvelables pour un développement soutenable de l'Afrique

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jeudi 15 décembre 2011

Economie verte et PIE

L’économie verte pourrait se définir synthétiquement comme étant l’ensemble des activités menées sans nuire délibérément à l’environnement. Ce concept qui apparaît dans le sillon du « développement durable » émergé depuis quelques décennies maintenant, prolonge la prise de conscience universelle de la vulnérabilité de notre planète.
Les efforts à l’échelle internationale sont assez visibles, même si les décideurs des puissances mondiales peinent à trouver un consensus autour d’accords contraignants notamment pour la réduction des gaz à effet de serre. Le retrait du Canada du protocole de Kyoto traduit bien la difficulté d’imposer aux pays pollueurs des limites dans des habitudes acquises méthodiquement.
Pour autant, les pays en développement en général et ceux d’Afrique de l’Ouest en particulier pourraient poser les jalons d’une économie verte par des actions relativement simples.
De la prise de conscience
Faisant elle aussi le double constat imparable d’une part de la limitation des ressources énergétiques fossiles et de la forte contribution aux nuisances environnementales par l’exploitation d’autre part (Les systèmes énergétiques mondiaux génèrent environ 60 % des gaz à effet de serre ), l’Afrique n’est pas en marge du mouvement planétaire pour « sauver la planète », comme l’attestent l’amplification, dans les Etats de ce continent, de la réflexion sur les alternatives aux énergies fossiles.
L’importance des « connaissances » est, à ce niveau d’une extrême importance. Pour amplifier la prise de conscience et inculquer une façon nouvelle de produire, consommer et agir à la base, les efforts en amont, doivent s’articuler autour des « savoirs ». Que sais le paysan analphabète de Tiegba, village situé à une quinzaine de kilomètres de Guitry, au sud-ouest de la Côte d’Ivoire, sur le traitement ou le recyclage du plastique qu’il utilise pour emballer ses emplettes du dimanche ?
Le Département de Guitry dispose t’il une structure de collecte et de recyclage de plastique ? Cette seconde question adressée à l’Etat de Côte d’Ivoire fait référence, à un second niveau, à la question des capacités à développer afin de déployer une économie verte.
Entre le paysan et l’Etat, d’autres acteurs sont mobilisés : collectivités locales, ONG, entreprises privées.
Les opérations ponctuelles des organisations internationales sont condamnées à être isolées et de taille critique faible, tant que ne seront pas créées et amplifiées les synergies entre les acteurs clés identifiés, afin de faire circuler les savoirs et renforcer des capacités. Telle est la gageure du concept PIE, pôle intégré d’excellence, initié par l’Institut de l’énergie et de l’environnement de la Francophonie.
La promotion d’une économie verte passe en effet par la combinaison des savoirs et le développement de capacités notamment organisationnelles et institutionnelles dans les États.

dimanche 3 juillet 2011

Sénégal, avant gardiste du solaire en Afrique subsaharienne?

le Groupe Spec (Sustainable power electric company) dont l’unité de production est établie à Dakar, vient de mettre en place, avec environ 4 milliards (cfa) d'investissements, une usine de fabricatiobn de panneaux solaires de capacité allant de 50 à 300W.

En attendant de comparer les coûts d'acquisition de panneaux de même capacité, importés ou fabriqués sur place, il faut saluer l'initiative (qui intervient dans un contexte particulièrement difficile pour le pays: De longues interruptions quotidiennes de courant)... et espérer qu'elle fasse des émules chez les voisins.


Nous vous donnerons plus d'informations après notre visite de l'entreprise.

source: http://www.sudonline.sn/un-investissement-de-4-milliards-realise-au-senegal_a_3633.html

vendredi 1 juillet 2011

Mission à ENDA - TM, Dakar, Sénégal

Depuis Juin 2011, Christophe GBOSSOU, Doctorant à l'Institut Fayol de l'Ecole Nationale Supérieure des mines de St Etienne, France est en mission au Programme "Energie, Environnement et Développement" (PEED) de ENDA-TM, à Dakar, Sénégal. Cette seconde mission après ECREEE (Ecowas centre for renewable energy and energy efficiency, Praia, Cap vert, a pour objectifs (1)d'élaborer un plan d'actions stratégique et opérationnel pour le PEED du PIEE (Pôle intégré d'excellence pour l'énergie) en Afrique de l'ouest et (2) de préparer l'organisation d'une table ronde des bailleurs de fonds du PIEE.

lundi 2 mai 2011

Energies renouvelables en Afrique: typologie des acteurs, sans moyens...

Le caractère stratégique de l’énergie n’est plus à démontrer ! Sans énergie, tout s’arrêterait dans notre monde actuel : les industries, les commerces, les hôpitaux, les transports…
Cependant, l’exploitation des sources d’énergies fossiles, le pétrole notamment, n’a pas que des avantages, malheureusement. Comme l’affirme le premier rapport d’évaluation du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) publié en 1990, qui a confirmé les informations scientifiques sur lesquelles se fondaient les préoccupations relatives à l’évolution du climat.
L’actuel réchauffement climatique est selon les experts, probablement d’origine anthropique, à cause de l’impact des gaz à effet de serre.
Face à cette crise écologique planétaire, l’Afrique reste une fois de plus impuissante, alors que d’importantes possibilités de participation à l’atténuation et à l’adaptation au réchauffement du climat existent.
Le continent dispose en effet de sources d’énergies renouvelables (soleil, fleuves, vents, géothermie, biomasse)encore très peu exploitées.
Quels sont les acteurs indispensables à une exploitation efficace des énergies renouvelables et quel rôle chacun doit –il jouer dans un processus innovant ?
Selon le schéma de l’innovation de E. Arnold et S. Kuhlmann (2001), plusieurs acteurs sont concernés :
-Le politique. les gouvernements définissent les priorités de l’Etat, adoptent une forme de gouvernance, et réalisent des projets. Très peu de pays d’Afrique de l’Ouest font de la promotion des énergies renouvelables une de leurs priorités. Des institutions fortes (ministères, institutions étatiques dotées de moyens conséquents…)sont rares dans cette région, et les cadres réglementaires, lorsqu’ils existent, ne favorisent pas encore l’émergence d’un marché des Energies renouvelables.
-La formation & la recherche. L’enseignement supérieur, public ou privé devrait être un maillon fort de la chaîne, à travers la diffusion des connaissances et l'existence de travaux de recherche dans le domaine. La faiblesse des moyens de centres de recherche d’Afrique de l’Ouest en particulier (cas de l’IREN, Institut de recherche des énergies nouvelles de Côte d’Ivoire ou du CRES, Centre régional pour l’énergie solaire au Mali, qui a cessé de fonctionner à cause de l’absence d’un financement pérenne) ne permet pas à l’enseignement supérieur de jouer ce rôle névralgique.

-Les intermédiaires (ONG) . La société civile en tant qu’intermédiaire occupe une place importante dans la sensibilisation et la diffusion des informations utiles à l’acceptation des technologies nouvelles. En Afrique la plupart des organisations non gouvernementales sont sans moyens et dépendent exclusivement de petites subventions extérieures.
-Le système industriel. Les entreprises actives dans le domaine des énergies renouvelables, commerciales, industrielles petites, moyennes ou grandes représentent le dernier maillon avant les consommateurs. La maîtrise de la technologie et la mise à disposition de services de qualité restent les deux principaux éléments qui devraient les caractériser. Ainsi, la non maîtrise de certaines technologies ,l’absence de suivi des premières installations et l’absence de compétences constituent un frein au déploiement des énergies renouvelables.
-Les infrastructures d’appui. Pour que le système industriel fonctionne parfaitement, il a besoin d’assurance et d’un appui multidimensionnel : financier et technologique, permettant ainsi de rasséréner l’environnement de déploiement des activités. Combien de banques sont aujourd’hui prêtes à préfinancer un projet d’installations solaires pour des paysans habitant un site isolé ?certainement aucune. Dans ces conditions, il est difficile de vulgariser des technologies encore couteuses pour des populations démunies.
-Les consommateurs. Dernier maillon de la chaîne, les consommateurs contribuent par leur comportement à la contribution d'une efficacité énergétique. Pour se faire, il doivent avoir les informations utiles mises à leur disposition par l’Etat, les industries et les intermédiaires.
La création d’une synergie forte entre ces différents acteurs actifs pourrait constituer une innovation, c'est-à-dire un changement dans le processus de pensée visant à exécuter une action nouvelle.
Tél est le but du projet de pôle intégré d’excellence initié par l’Institut de l’énergie et de l’environnement de la francophonie, (IEPF)avec le PIE-énergie (http://www.iepf.org/programmes/projet.php?id=75;http://www.iepf.org/agenda/evenement.php?id=194), dans le cadre d’une expérimentation en Afrique de l’Ouest.

mercredi 27 avril 2011

Efficacité energétique et énergies renouvelables en Côte d'Ivoire: des efforts restent à faire

La côte D’Ivoire, à l’instar de la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, dispose d’un important gisement solaire : en moyenne 5KWH/m2/jour. Les vitesses du vent ne sont pas très importantes, sauf en quelques endroits du littoral, même si le pays ne dispose pas encore d’études formelles prouvant la faisabilité de projets éoliens.

La filière des biocarburants attend toujours d’être mieux organisée par l’adoption d’un cadre réglementaire précis par le gouvernement, pendant que des structures privées essayent, seules, de faire avancer leur business.

En réalité, très peu d’actions concrètes ont été menées pour l’exploitation des énergies renouvelables. La faiblesse des structures étatiques telles que la Commission nationale de Développement durable, le Conseil national solaire , l’Institut de recherche des énergies nouvelles ainsi que la très récente « direction » en charge des énergies renouvelables traduit la réticence des décideurs face au "vent planétaire" de promotion des énergies alternatives aux fossiles.

Six barrages hydroélectriques et des centrales thermiques font cependant la « fierté » du pays et lui permettaient dans un passé récent encore d’exporter de l’énergie vers plusieurs de ses voisins.

Malgré cela, des approvisionnements en énergie primaire, les énergies renouvelables combustibles et déchets (le bois, les produits de défrichement agricole et les résidus de produits agricole) constituent pour le pays, avec 64% (2007) de la demande, la première forme d’énergie disponible, compte tenu de son climat et de son couvert végétal.
L’efficacité énergétique a fait quant à elle, l’objet de séminaires et colloques, organisés par la Direction de l’énergie, à l’endroit notamment des réceptifs hôteliers ainsi que des campagnes sporadiques d’utilisation de lampes à basse consommation auprès des usagers.

Au final, les deux secteurs liés que sont les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique ne font pas encore partie des priorités des décideurs, dans un pays qui, soulignons - le, traverse une crise socio-militaro-politique aigüe depuis maintenant une décennie ...

vendredi 11 mars 2011

mission à l'ECREEE

Christophe GBOSSOU est depuis le 06 mars 2011 à Praia, Cap Vert, où il est en mission de longue durée: 3 mois environ auprès de l'ECREEE, le Centre des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest).

lundi 13 décembre 2010

Situation des énergies renouvelables en Afrique (1)

SITUATION DES ÉNERGIES RENOUVELABLES EN AFRIQUE
Le problème d’insuffisance énergétique reste encore irrésolu en Afrique (Kapseu C et al, 2008). Selon le PAEE , la situation énergétique de la plupart des pays africains est chaotique : moins de 10% de la population rurale a accès à l’électricité. En effet, l’Afrique représente 3% de la consommation mondiale, pour 15% de la population mondiale (Heuraux C, 2010).
En Afrique subsaharienne, l’utilisation des énergies renouvelables est encore marginale. Ces énergies sont essentiellement destinées à répondre aux besoins de l’électrification rurale, dans une optique de production d’électricité de confort domestique. Par ailleurs, n’ayant pas fait l’objet d’une appropriation conceptuelle africaine comme mode possible de résolution des questions énergétiques pour les gouvernements africains, l’amplification de l’utilisation de ces énergies à grande échelle se heurte à la barrière des coûts d’investissement plus élevés que pour l’accès aux sources traditionnelles d’énergie. (ELONO A & BOSSOKEN E, 2008)
L’hydraulique
L’Afrique recèle 10% des réserves mondiales économiquement exploitables (1 100 TWh) mais le continent n’a exploité que 8% de ce potentiel, soit environ 93Twh et aucun barrage africain ne figure parmi les 20 plus grands barrages dans le monde. (Heuraux C, 2010)
Le solaire
Le soleil est une ressource abondante et disponible en Afrique. Les équipements nécessaires pour l’exploiter (panneaux batteries, onduleurs) sont d’un usage modulable, adaptable à un habitat dispersé et décentralisé. Pourtant sur les 15GW de capacité photovoltaïque installé dans le monde, l’Afrique ne représente qu’une part non significative (15 MW). Des usines de production de modules sont implantées en Afrique du Sud, mais leur capacité reste limitée à quelques dizaines de MW. Le solaire reste aujourd’hui un mode de production d’électricité couteux et nécessite encore des subventions importantes. (Heuraux C, 2010)
La biomasse et les biocarburants
Les pays africains dépendent fortement de la biomasse, généralement issue de leurs ressources forestières exploitées de façon non durable. La biomasse représente dans certains cas 70 à 80% de la consommation nationale d’énergie. Ces taux montent à 90, voire 100%, en zones rurales et périurbaines.
La plupart des pays africains ont élaboré des « projets biocarburants ». qu’elles soient locales ou nationales, de nombreuses initiatives ont vu le jour ces dernières années, et sont portées en général par des investisseurs étrangers, des ONG ou des collectivités. Ces initiatives peuvent être regroupées en trois filières :
- Une modèle « grande culture » : production et transformation à grande échelle, dirigées par des entreprises privées, avec l’appui de multinationales. Les produits sont destinés à l’export. Exemple du Mozambique
- Un modèle « petite échelle » : production agricole assurée par l’agriculture familiale avec transformation à l’échelle locale pour une production destinée au marché local. Exemple : Mali, Burkina, Benin
- Un modèle contractuel : un transformateur industriel délègue la production agricole à des petits agriculteurs à travers un contrat. Le biocarburant produit est destiné au marché national ou à l’export. Exemple de Madagascar. (Heuraux C, 2010)

L’énergie éolienne
L’intérêt pour cette filière reste encore limité et cela se traduit par l’existence, en Afrique noire de très peu d’études précises relatives au gisement éolien. Quelques zones particulières ont cependant été étudiées :
- Afrique du Sud : 9 MW installé en 2008 ;
- Cap vert, Kenya : 300 MW (ambitions gouvernementales pour 2012) ;
- Ethiopie : 120 MW (ambitions gouvernementales pour 2012)
Il ressort de la carte des gisements éoliens africains (établie pour la banque africaine de développement) qu’en dehors de la zone désertique du Tibesti, les gisements éoliens significatifs sont littoraux. (Heuraux C, 2010)

L’énergie géothermique
En Afrique, le potentiel géothermique se concentre dans la partie orientale du continent. Il est estimé à 10 000 MWe. Le Kenya et l’Ethiopie sont les seuls pays africains à produire de l’électricité géothermique qui contribue pour 4% à la production totale d’électricité en Afrique de l’est. (Heuraux C, 2010)


Energies renouvelables et réchauffement climatique en Afrique
Bien qu’il soit le plus faible émetteur de GES, le continent africain sera selon le GIEC l’une des régions du monde les plus sensibles aux effets du changement climatique et l’une des moins armée pour y répondre, à cause de la fragilité des économies.
Le réchauffement climatique devrait être plus marqué en Afrique, avec une augmentation des températures une fois et demie supérieure en moyenne à ce que l’on observera dans le monde, ce qui va entraîner : Déficits hydriques, sécheresse, pertes absolues de production agricole, sont autant d’impacts parmi les plus redoutés.

L’adaptation des différents systèmes de production et des infrastructures économiques à ces impacts est impérative à côté des actions engagées et des choix stratégiques à faire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Pour prévenir le désastre annoncé, l’exploitation des ressources du continent en énergies renouvelables fait partie des mesures suggérées par l’ensemble de la communauté scientifique.

BIBLIOGRAPHIE
1- VERNIER Jacques, « Les énergies renouvelables », Que sais-je ?, 2007
2- GIRI Jacques et MEUNIER Bernard, « Evaluation des énergies nouvelles pour le développement des Etats africains », SEMA, 1977
3- HERLEA Alexandre, « L’énergie solaire en France » ; 118è congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Pau 1993 ; Editions du CTHS, 1995
4- André ROSSELET, in « L’énergie au futur », Editions d’en bas, 1997
5- Marianne ENCKELL in « L’énergie au futur », Editions d’en bas, 1997
6- HEURAUX C, « L’électricité au cœur des défis africains » KARTHALA, 2010, p 15
7- KAPSEU C et al, Colloque « problématiques énergétiques et protection de l’environnement en Afrique ; Contraintes et opportunités pour un développement durable », L’HARMATTAN, 2008, p 33
8- ELONO A et BOSSOKEN E, Colloque « problématiques énergétiques et protection de l’environnement en Afrique ; Contraintes et opportunités pour un développement durable », L’HARMATTAN, 2008, p 77